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Marché immobilier québécois : le rééquilibrage se confirme au 2e trimestre 2026

Après deux années de rebond marqué, le marché immobilier du Québec change de rythme. Les données du 2e trimestre 2026 publiées par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) dessinent un portrait clair : les ventes ralentissent, l’offre remonte, et les prix continuent de progresser — mais plus lentement. Voici ce qu’il faut en retenir si vous envisagez d’acheter ou de vendre.

Les chiffres clés du trimestre

27 296 ventes résidentielles ont été conclues entre avril et juin 2026, un recul de 5 % par rapport au même trimestre de 2025. C’est le troisième trimestre consécutif de baisse, même si le volume demeure historiquement solide.

Le vrai changement se situe du côté de l’offre. 41 466 propriétés étaient inscrites en vigueur sur le réseau Centris, une hausse de 14 % en un an. Les copropriétés mènent le bal avec une progression de 20 %, suivies des unifamiliales et des plex (+11 % chacun).

Côté prix, la hausse se poursuit :

  • Maison unifamiliale : 523 250 $ (+5 %)
  • Copropriété : 405 000 $ (+1 %)
  • Plex (2 à 5 logements) : 690 000 $ (+2 %)

Les délais de vente moyens racontent la même histoire nuancée : 38 jours pour une unifamiliale (5 jours de moins qu’en 2025), 43 jours pour un plex (-10 jours), mais 46 jours pour une copropriété (+4 jours). Autrement dit, les maisons se vendent toujours vite ; les condos, un peu moins.

Ce que disent les analystes

Charles Brant, directeur du Service de l’analyse de marché de l’APCIQ, parle de normalisation plutôt que de repli :

« Les ventes sont en baisse, mais elles demeurent à un niveau historiquement solide. »

L’économiste-experte Hélène Bégin pointe une cause précise :

« L’emploi à temps plein chez les 25 à 54 ans, qui représente le cœur de la demande résidentielle, a montré des signes de fragilité depuis le début de l’année. »

L’abordabilité reste par ailleurs un obstacle majeur pour les premiers acheteurs.

Le portrait varie beaucoup d’une région à l’autre

RégionVentes T2 2026Inscriptions en vigueurPrix médian unifamiliale
Montréal (RMR)13 365 (-7 %)+14 %645 000 $ (+3 %)
Québec (RMR)2 872 (+2 %)+19 %+6 %
Gatineau1 310 (-15 %)+30 %523 500 $ (+2 %)
Sherbrooke651 (-9 %)+10 %+5 %
Trois-Rivières437 (+9 %)+34 %+7 %
Saguenay480 (+3 %)+18 %+8 %
Drummondville291 (-3 %)+22 %+7 %

Deux dynamiques opposées se dessinent. Les grands centres et l’Outaouais encaissent le ralentissement le plus net — Gatineau perd 15 % de ses ventes tout en voyant son inventaire bondir de 30 %. À l’inverse, Trois-Rivières, Saguenay et Québec affichent des ventes en hausse, portées par des prix d’entrée nettement plus accessibles.

À Montréal, le marché reste tendu malgré le recul des ventes : une unifamiliale s’y vend en 32 jours en moyenne, et le plex atteint un prix médian de 874 000 $ (+5 %).

Ce que ça change pour vous

Si vous achetez, le rapport de force s’améliore doucement. Plus de choix, moins de surenchère systématique, et des délais qui laissent enfin le temps de faire inspecter une propriété correctement. La marge de négociation reste toutefois mince dans les segments où l’offre demeure limitée — l’unifamiliale de banlieue en tête.

Si vous vendez, le message est différent de celui de 2024 : votre propriété ne se vendra plus seule. Avec 14 % d’inventaire supplémentaire en circulation, le prix demandé, la qualité de la présentation et le moment de la mise en marché redeviennent déterminants. Un prix trop optimiste se traduit aujourd’hui par des semaines d’immobilisation plutôt que par une offre rapide.

Si vous détenez une copropriété, surveillez la tendance de près : c’est le segment où l’offre grimpe le plus (+20 %) et où les délais s’allongent, alors que les prix stagnent (+1 %).

Et pour le reste de 2026 ?

L’APCIQ anticipe une baisse d’environ 6 % des ventes pour l’ensemble de l’année, accompagnée d’une hausse de 5 % du prix médian des unifamiliales. La période d’ajustement devrait donc se poursuivre en seconde moitié d’année, sans correction brutale des prix.

En résumé : un marché qui respire mieux, sans basculer en faveur des acheteurs. Le bon moment d’agir dépend désormais davantage de votre région et de votre type de propriété que du calendrier.


Source : Baromètre résidentiel de l’APCIQ, données Centris, 2e trimestre 2026 (publié le 14 juillet 2026).

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